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Dimanche 19 mars 2006

En lisant l'article, écoutez de la musique traditionnelle de Maramures

(Fratii Petreusi - Fecioresc din Maramures)

La porte signifie la transition de la vie à la mort , mais aussi une sorte de témoignage des principaux événements de la vie: la naissance, le baptême, le mariage, le passage vers l'éternité.

 

   

 

Quelle porte pousser ? Quel seuil franchir en premier, afin d’entrer en Roumanie ?

 

 

Il suffit de fermer les yeux et de laisser les sens vous guider. Ecoutez le grincement du bois, sentez l’odeur des forêts et du foin. Ouvrez les yeux, vous y êtes.

    

D’abord les montagnes douces, rondes et verdoyantes, les forêts immenses et mystérieuses.

  

 

Ensuite un univers unique. Un univers où la vie traditionnelle est restée intacte : villages reculés aux maisons de chêne, aux portails sculptés, une civilisation millénaire du bois et des traditions exceptionnelles fidèlement conservées.

 

   

 

 

 

 

Vous êtes au nord de la Roumanie, dans la "terre des daces libres", au Maramures.

 

Le Maramures, qui a sculpté en bois son histoire, est l’endroit où les traditions, les costumes et l’art populaires sont présentes comme nul part en Roumanie. Ici, la vie quotidienne du village représente un véritable retour dans le temps.

 

 

 

Les artisans du Maramures sont passés maîtres dans la sculpture du bois, tant et si bien que la région a été appelée « le pays du bois ». Les églises en bois, bijoux de l’art populaire, sont présentes dans chaque village. Huit des églises appartiennent au patrimoine de l’UNESCO et certaines détiennent des records absolus : le plus haut bâtiment en bois (église du monastère de Bârsana – 62m de hauteur) ou la plus vieille église en bois (église de Ieud de 1364).

  

 

Dans les églises de Maramures, la simplicité rejoint l’infini.

 

  

 

 

Ici, dans le pays de Maramures, le parler, les chants, les danses, l’habillement, la cuisine, les boissons, en un mot tout, porte l’empreinte spécifique de la manière d’être et de se comporter, d’hommes fiers, tenaces et honnêtes, sur lesquels les déferlantes de l’histoire sont passées sans pouvoir modifier leur identité spécifique.

 

 

 

Les fêtes constituent un événement où le village de Maramures « explose » par la musique et la bonne humeur, dans des rythmes de plus en plus vifs.

 

 

   

Ici, même la mort a un autre visage. A Sapânta, les « croix parlent ». La vie des personnes disparues est à jamais gravée à travers un texte où l’ironie se noue au dramatique.

 

   

 

 Il est difficile d’imaginer, en ce début de XXIe siècle, un univers où l’archaïsme des coutumes et la pureté de la nature vont de paire avec tant de naturel. Cette ancienne contrée existe tout de même : le Maramures.

 

 

 

J'ai demandé à un ami français de m'écrire en quelques mots ce qu'il ressent lors de ses voyages au Maramures. Voici ses quelques lignes:

Entrer en Maramures, c’est pour moi comme entrer dans un tableau de Millet ou de Van Gogh. Non pas qu’il s’agisse d’une démarche esthétique, mais bien plutôt d’un sentiment de profondes retrouvailles avec un essentiel : aller dans un endroit inconnu qui nous rapporte toute sorte de souvenirs…

Le plus étonnant pour moi, c’est cette impression de retrouver mes racines. La vie rurale dans le Maramures d’aujourd’hui a beaucoup à voir avec ce qu’ont du connaître mes grands-parents en France au début du XXe siècle. Evidemment, je ne vois là aucune arriération ! Et le Maramures n’est surtout pas une sorte de grand musée en plein air. Car ce qui me touche le plus, c’est au contraire l’authenticité profonde de la vie des gens, l’absence de factice, la vérité des conditions de vie, et en même temps la joie réelle de ces personnes d’être ce qu’elles sont. Tout le contraire de nos réalités virtuelles !!!

Le Maramures, c’est un pays où l’œil se perd avec bonheur… Sur des espaces sans clôtures, des champs de fleurs, les mains d’une petite vieille qui récite son chapelet dans la pénombre d’une église en bois…

Le Maramures, c’est une chanson qui entête… Celle de la "Toaca" qui appelle à la prière, celle du vent dans les forêts de sapins, celle du cocher qui siffle son cheval…

Le Maramures, c’est un parfum qui nous imprègne le coeur… Celui de la laine fraîchement lavée, de la "Tuica" qu’on boit sans raison, du bois coupé qui sèche en attendant de devenir une croix, un banc, un portail…"

 

 

 

 

 

 

 

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