IAGGO au FranckOvision R O U M A N I E 

 

Mardi 14 mars 2006

Le nom de Brâncusi est lié sans doute à la participation de l'art roumain au complexe culturel universel.

  

 

La vie de celui qui allait devenir le plus important des sculpteurs du XXe siècle a commencé le 19 février 1876, dans le village de Hobita, commune de Pestisani, de la contrée du Gorj, située au sud des Carpates. On mentionne parfois comme date de naissance le 21 février, or cette date est celle de l'établissement de l'acte de naissance de l'enfant, qui est déclaré "né avant-hier". Avec humour et un sens du rituel hérité de ses ancêtres, l'artiste fêtait son anniversaire trois jours d'affilée.

 De Bucarest, où il suit les cours de l’Ecole Nationale des Beaux-Arts, il part en voyage, son but final étant la ville de Paris, centre consacré de l'art moderne, où les impressionnistes avaient déjà connu le triomphe et la Tour Eiffel était devenue, sur les propositions des symbolistes, une pionnière de la civilisation technologique.

Le trajet, parcouru à pied presque en totalité, a compris des séjours à Budapest, Vienne (où Brancusi a travaillé comme sculpteur dans une fabrique d'ameublement), Munich (où il s'est attardé pour admirer les collections d'archéologie, art gothique et renaissant) et en Suisse.

 

 

 

 

 

A Paris, en 1907, il est accepté à l'atelier du plus grand sculpteur de l'époque, Auguste Rodin, qu'il quitte cependant peu de temps après, orgueilleux et confiant dans son avenir, parce que "rien ne pousse à l'ombre des grands arbres".

Désormais indépendant, Brancusi commence à se faire remarquer aux salons officiels, ses œuvres éveillant des échos chez les marchands d'art et les collectionneurs.

 

 

La Sagesse de la terre, le Baiser, le Sommeil, la Muse endormie, Maiastra, Prométhée, Mademoiselle Pogany, le Premier pas sont des ouvrages qui témoignent de sa décision de franchir les limites du concret, du quotidien, pour se pencher sur les valeurs des arts archaïques.

 

 

 

La série des Oiseaux dans l'espace apporte l'idée de l'élévation dans l'espace, la possibilité de s'évader du cadre concret de l'existence.  

 

"Maiastra" est l'oiseau d'or dont la migration est poursuivie par les enfants des contrées carpatiques. Un jour, il choisit un endroit pour y construire un nid d'or, où il dépose un œuf d'or, d'où sortira un poussin d'or. Les enfants qui découvrent ce nid sont destinés à vivre un éternel bonheur. Le long des siècles, maints enfants ont scruté le ciel pour y apercevoir cet oiseau merveilleux; le seul qui semble l'avoir vu jusqu'à présent est né à Hobita et on le connaît dans le monde entier comme le sculpteur Constantin Brancusi.

 

 

La reconstitution de son atelier parisien au Centre Beaubourg de Paris nous permet d’entrer dans l’univers de Brâncusi.

 

Inutile de souligner que dans l’atmosphère ainsi recréée il sera impossible de revoir cet oiseau, Maiastra.

Cet oiseau c’est le ciel roumain qui le cache, ce sont les Carpates qui l’abrite. C’est encore en Roumanie que Brâncusi vit. C’est là où il respire. C’est là où nous pouvons franchir la Porte d’un baiser, s’asseoir à la Table du silence et s’élever vers l’infini.

 

 

 

 

C’est ici encore, qu’à l’ombre des arbres, le vent fait revivre les paroles de Brâncusi : "Quand nous ne sommes plus enfants, nous sommes déjà morts".

 

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